mercredi 7 mars 2007
Insomnie
Cette nuit-là, Nicolas ne trouva pas sommeil. Il avait l'impression de ne pas assez avoir vécu, ces dernières semaines. De l'alcool, une entrevue ratée, une jolie fille dont il avait tout oublié. Nicolas se sentait vide. Et il se sentait coupable que de se sentir ainsi. Alors, il voulu que cela change.
Statistiques françaises
De 1994 à 2002, la France a investi en moyenne 3.5% de son PIB dans l'industrie du savoir. A ce niveau, la France est derrière les autres puissances mondiales, soient les Etats-Unis, le Japon, l'Angletterre, et l'Allemagne.
mardi 6 mars 2007
Déjà vu
Nicolas faisait son supermarché. Le Champion était bersé de vraies chansons d'épicerie. Un hit de garou, un hit de Lara Fabian...
Affamé, Nicolas cherchait quelle viande était la plus avantageuse dans le rapport poids/prix. Il était devant le comptoir des saucisses quand une voix fémine survint de derrière.
- Nicolas?
Il se retourna. Son interlocutrice était une jolie fille d'à peu près vingt ans. Son visage lui était vaguement familier, mais il ne savait pas trop à qui il avait affaire. Il tenta de dissimuler son ignorance.
- Bonjour.
Bise.
- Alors Nicolas, ça va?
- Ouais ça va! Toi?
- Ca va bien. Je viens de déménager, j'ai un appartement près d'ici maintenant.
- Ah! Ca doit être mieux que ton ancien logement, j'imagine.
Nicolas nageait en pleine spéculation.
- Oui, c'est plus grand. Et toi, quoi de neuf depuis la dernière fois?
Nicolas figea un instant. Il ne savait pas c'était quand, cette dernière fois.
- Boaf, pas grand chose.
- Tu t'es trouvé un stage?
- J'ai commencé à passer des entretiens.
Nicolas avait espéré retrouver mémoire durant la conversation mais il n'en fut rien. L'inconnue s'en alla.
- Bon, je vais terminer mes courses. A plus, Nicolas.
- Oui à la prochaine...
Affamé, Nicolas cherchait quelle viande était la plus avantageuse dans le rapport poids/prix. Il était devant le comptoir des saucisses quand une voix fémine survint de derrière.
- Nicolas?
Il se retourna. Son interlocutrice était une jolie fille d'à peu près vingt ans. Son visage lui était vaguement familier, mais il ne savait pas trop à qui il avait affaire. Il tenta de dissimuler son ignorance.
- Bonjour.
Bise.
- Alors Nicolas, ça va?
- Ouais ça va! Toi?
- Ca va bien. Je viens de déménager, j'ai un appartement près d'ici maintenant.
- Ah! Ca doit être mieux que ton ancien logement, j'imagine.
Nicolas nageait en pleine spéculation.
- Oui, c'est plus grand. Et toi, quoi de neuf depuis la dernière fois?
Nicolas figea un instant. Il ne savait pas c'était quand, cette dernière fois.
- Boaf, pas grand chose.
- Tu t'es trouvé un stage?
- J'ai commencé à passer des entretiens.
Nicolas avait espéré retrouver mémoire durant la conversation mais il n'en fut rien. L'inconnue s'en alla.
- Bon, je vais terminer mes courses. A plus, Nicolas.
- Oui à la prochaine...
lundi 5 mars 2007
Entretien
Nicolas était dans un beau bureau de travail assez élevé de la gare Part-Dieu. C'était une entrevue pour son stage. Le français devant lui se disait information technologies manager. Il portait fièrement ce titre qu'il ne savait pas bien le prononcer.
- Alors, Monsieur, vous êtes québécois et désirez travailler sur notre projet de relation tcl-sncf.
- Exactement Monsieur.
- Etes-vous familier avec les systèmes de pont entre systèmes d'informations?
- Non Monsieur, je n'ai pas eu cette formation.
- Très bien. Vous devez tout de même connaître les architectures multi-tiers à composantes indépendants, j'imagine.
- Multi-tiers, ça va. Les composantes indépendantes, j'en ai que vaguement entendu parlé. C'est une décentralisation des traitements, c'est ça?
- Non pas du tout.
Le manager pris quelques notes sur sa feuille, puis remercia Nicolas.
- Je vous rappellerai d'ici quelques semaines si vous avez le poste.
- Merci Monsieur.
Du point de vue de l'employeur, Nicolas n'en savait que trop peu pour que sa candidature soit considérée.
- Alors, Monsieur, vous êtes québécois et désirez travailler sur notre projet de relation tcl-sncf.
- Exactement Monsieur.
- Etes-vous familier avec les systèmes de pont entre systèmes d'informations?
- Non Monsieur, je n'ai pas eu cette formation.
- Très bien. Vous devez tout de même connaître les architectures multi-tiers à composantes indépendants, j'imagine.
- Multi-tiers, ça va. Les composantes indépendantes, j'en ai que vaguement entendu parlé. C'est une décentralisation des traitements, c'est ça?
- Non pas du tout.
Le manager pris quelques notes sur sa feuille, puis remercia Nicolas.
- Je vous rappellerai d'ici quelques semaines si vous avez le poste.
- Merci Monsieur.
Du point de vue de l'employeur, Nicolas n'en savait que trop peu pour que sa candidature soit considérée.
samedi 3 mars 2007
Citation française
Le vin est semblable à l'homme : on ne saura jamais jusqu'à quel point on peut l'estimer et le mépriser, l'aimer et le haïr, ni de combien d'actions sublimes ou de forfaits monstrueux il est capable.
- Charles Baudelaire
vendredi 2 mars 2007
Vertues françaises
Un pack de douzes stouts, deux bordeaux 2005. Nicolas sortit du super marché avec une facture de dix euros. Ce qu'il appréciait le prix de l'alcool en France!
Depuis l'Open Vodka, depuis Montpellier et depuis les compatriotes de Sainte-Foy, Nicolas avait pris l'habitude de noyer son savoir dans l'alcool. Quotidiennement.
Depuis l'Open Vodka, depuis Montpellier et depuis les compatriotes de Sainte-Foy, Nicolas avait pris l'habitude de noyer son savoir dans l'alcool. Quotidiennement.
jeudi 1 mars 2007
Ratard fait des siennes
C'était un cours de mathématiques. Monsieur Ratard marchait tranquillement entre les bureaux de la classes, à la recherche d'une victime. Certains étudiants faisaient semblant d'être forts et irréprochables, d'autres se faisaient petits et discrets. Quand Ratard chasse, toutes les tactiques sont légitimes pour éviter de passer un mauvais moment un tableau.
Il s'arrêta devant un étudiant.
- Toi!
- Euh quoi?
- Au tableau.
Vaincu, le grand étudiant aux cheveux bruns s'avança au tableau. Il avait l'attitude d'un prisonnier d'un guerre. Il s'était retrouvé au mauvais endroit au mauvais moment, et maintenant il devait bien se comporter s'il voulait un jour être libre.
Le pauvre éprouvait de grandes difficultés en mathématiques. Il ne comprenait rien aux calculs matriciels et aux règles de transformation des ensembles. Quand Monsieur Ratard lui posait des questions, il figeait devant le tableau, ne sachant pas du tout par où commencer. Alors il encaissait les remarques de Monsieur Ratard, qui ensuite lui expliquait comment s'attaquer au problème.
- Euh Monsieur Ratard, je sais pas du tout quoi faire là.
- Surtout ne touche à rien! T'as déjà bousillé assez d'exercices, je veux pas que tu me barbouilles encore le tableau de ton art abstrait. Commence part faire un produit matriciel.
Le maladroit commença à écrire au tableau. Confus et stressé, il entamma une addition de vecteurs qui ne faisait pas vraiment de sens. Ratard intervint.
- Non, non non. Tu penses trop et tu fais tout faut. Arrête de penser et fait ce que je te dis, on te réveillera quand ce sera fini.
Un élève lui souffla que ce n'était pas ça, un produit matriciel. L'étudiant au front effaça tout et commença son produit matriciel. Il était angoissé, il doutait et il écrivait horriblement lentement. Deux minutes et huit chiffres plus tard, Ratard n'en pouvait plus.
- C'est horrible. J'ai l'impression de vivre un film au ralenti!
Voulant en finir, le victimisé du cours termina son tableau en vitesse, sans fautes. La confiance reprit. Il regarda un instant le problème, et il déduit que c'était maintenant qu'allait s'appliquer l'addition vectorielle.
- Et pour la suite, tu fais quoi?
La voix de Ratard ramena à sa conscience la douleur de ses traumatismes. Il baffouilla à voix basse sa pensée.
- C'est l'add..ton des... vect... matrice. Peut-être ?
Il faisait pitié. Monsieur Ratard en avait conscience, mais ce n'était pas la faiblesse d'un étudiant qui allait lui faire vivre une quelconque sympathie. Ironiquement, il fit une faible imitation de compassion.
- Oh. Raconte-nous ton problème.
- Bien.. On avait des vecteur, et puis il fallait les .. oh non, c'était des matrices, donc on les a multiplié, et puis les sous vecteurs formaient des lignes, alors d'une ligne à l'autre on peut obtenir euh... Si on fait une multiplication, ça prime sur l'addition, mais si ce sont des vecteurs donc il faut les combiner en matrice, alors...
Ce qu'il disait ne faisait aucun sens. Ratard, assis dans sa chaise au fond de la classe, riait de sa voix grave.
- Il parle autocrypté! Bon allez, t'as assez donné, tu peux retourner à ta place. Tu écriras "tableau" sur la feuille de présence, l'administration te versera une indemnisation! Allez les enfants, on continuera au prochain cours.
Ratard était beaucoup critiqué pour sa demarche pédagogique. Mais elle présentait une certaine efficacité. Le traumatisé du tableau, le soir même, étudia pendant des heures ses mathématiques, pour être certain de ne plus subir de telles émotions. Il en apprit assez pour rattraper le niveau de la classe. Sa souffrance l'avait motivé à vaincre son ignorance en mathématiques.
Il s'arrêta devant un étudiant.
- Toi!
- Euh quoi?
- Au tableau.
Vaincu, le grand étudiant aux cheveux bruns s'avança au tableau. Il avait l'attitude d'un prisonnier d'un guerre. Il s'était retrouvé au mauvais endroit au mauvais moment, et maintenant il devait bien se comporter s'il voulait un jour être libre.
Le pauvre éprouvait de grandes difficultés en mathématiques. Il ne comprenait rien aux calculs matriciels et aux règles de transformation des ensembles. Quand Monsieur Ratard lui posait des questions, il figeait devant le tableau, ne sachant pas du tout par où commencer. Alors il encaissait les remarques de Monsieur Ratard, qui ensuite lui expliquait comment s'attaquer au problème.
- Euh Monsieur Ratard, je sais pas du tout quoi faire là.
- Surtout ne touche à rien! T'as déjà bousillé assez d'exercices, je veux pas que tu me barbouilles encore le tableau de ton art abstrait. Commence part faire un produit matriciel.
Le maladroit commença à écrire au tableau. Confus et stressé, il entamma une addition de vecteurs qui ne faisait pas vraiment de sens. Ratard intervint.
- Non, non non. Tu penses trop et tu fais tout faut. Arrête de penser et fait ce que je te dis, on te réveillera quand ce sera fini.
Un élève lui souffla que ce n'était pas ça, un produit matriciel. L'étudiant au front effaça tout et commença son produit matriciel. Il était angoissé, il doutait et il écrivait horriblement lentement. Deux minutes et huit chiffres plus tard, Ratard n'en pouvait plus.
- C'est horrible. J'ai l'impression de vivre un film au ralenti!
Voulant en finir, le victimisé du cours termina son tableau en vitesse, sans fautes. La confiance reprit. Il regarda un instant le problème, et il déduit que c'était maintenant qu'allait s'appliquer l'addition vectorielle.
- Et pour la suite, tu fais quoi?
La voix de Ratard ramena à sa conscience la douleur de ses traumatismes. Il baffouilla à voix basse sa pensée.
- C'est l'add..ton des... vect... matrice. Peut-être ?
Il faisait pitié. Monsieur Ratard en avait conscience, mais ce n'était pas la faiblesse d'un étudiant qui allait lui faire vivre une quelconque sympathie. Ironiquement, il fit une faible imitation de compassion.
- Oh. Raconte-nous ton problème.
- Bien.. On avait des vecteur, et puis il fallait les .. oh non, c'était des matrices, donc on les a multiplié, et puis les sous vecteurs formaient des lignes, alors d'une ligne à l'autre on peut obtenir euh... Si on fait une multiplication, ça prime sur l'addition, mais si ce sont des vecteurs donc il faut les combiner en matrice, alors...
Ce qu'il disait ne faisait aucun sens. Ratard, assis dans sa chaise au fond de la classe, riait de sa voix grave.
- Il parle autocrypté! Bon allez, t'as assez donné, tu peux retourner à ta place. Tu écriras "tableau" sur la feuille de présence, l'administration te versera une indemnisation! Allez les enfants, on continuera au prochain cours.
Ratard était beaucoup critiqué pour sa demarche pédagogique. Mais elle présentait une certaine efficacité. Le traumatisé du tableau, le soir même, étudia pendant des heures ses mathématiques, pour être certain de ne plus subir de telles émotions. Il en apprit assez pour rattraper le niveau de la classe. Sa souffrance l'avait motivé à vaincre son ignorance en mathématiques.
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